Soutien aux inculpés du 11 Novembre : Yldune bientôt libérée ? Et interruption d’une émission de radio.
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Yldune bientôt libérée ? Et interruption d’une émission de radio.

jeudi 15 janvier 2009, par Rédacteur

Le 14 janvier, le juge d’instruction en charge de l’enquête sur les sabotages SNCF a décidé de la libération d’Yldune - actuellement incarcérée à Fleury. Comme à chaque fois, le parquet s’est opposé à cette libération, et notre camarade reste donc enfermée, en attendant la décision de la cour d’appel.
Fausse-bonne nouvelle, donc ? On se souvient que, fin décembre, le juge des libertés avait accepté la libération de Julien, mais que la cour d’appel avait été à l’encontre de cette décision.
Sauf que cette fois il ne s’agit pas d’une décision d’un JLD, mais bien du juge d’instruction en charge de l’affaire (Fragnoli). Celui-ci ne considère plus nécessaire de détenir Yldune le temps de son enquête.
On ose espérer une libération prochaine...

Qu’elle soit libérée ou non, Yldune restera mise en examen dans le cadre d’une procédure antiterroriste. Comme les 8 autres personnes inculpées dans cette affaire. Comme Isa, Juan et Damien, d’autres soit-disant "anarcho-autonomes", eux aussi incarcérés. Alors la dizaine de jours contre l’antiterrorisme continue. Hier soir, à Saint-Denis, une émission de France Culture a été perturbée. Un texte étant lu en direct pour la "liberté de tous les enfermés". Compte-rendu de cette action, dans la suite de cet article...

Le 14 janvier 2009, vers 19 heures, un petit groupe de personnes a fait une intervention en direct sur France Culture. L’émission « Du grain à moudre » se tenait à l’université Paris 8 Saint Denis. L’intervention fut coupée par la régie centrale de France culture au milieu du texte. Après trois morceaux de musique, le présentateur annoncera les deux manifestations du 24 janvier à 15h à Barbès et du 31 janvier à 15h à Luxembourg, en espérant que ça fasse revenir le calme. Une fois donnée, le calme ne reviendra pas pour autant. Ils recouperont l’émission. Lien pour télécharger l’émission en entier, l’intervention a lieu au bout de la 24,40eme minute. L’annonce des manifestations se fait au bout de la 35.50 minute : http://radiofrance-podcast.net/podc...

Texte intégral :

« Mesdames, Messieurs,

Si nous prenons aujourd’hui ce temps d’antenne, c’est pour dire à ceux qui écoutent, qu’à l’heure où les médias, les politiques et les experts fustigent ou mettent au musée toute pensée révolutionnaire, à cette heure, d’autres sont en prison . Nous parlons de ceux qui ont choisi d’habiter leur révolte, ceux qui s’organisent en dehors des règles de la démocratie gestionnaire.

Aujourd’hui, Vincennes n’abrite plus d’Université mais un centre de rétention administratif, en fait la plus grande prison pour sans papiers de France. Le 22 juin dernier, cette prison est partie en fumée, brulée par ceux qui y étaient enfermés. Sa destruction est l’aboutissement de plusieurs mois de révoltes. Huit personnes sont à ce jour inculpées pour cet incendie, sept sont en détention provisoire, le huitième est sous mandat d’arrêt. Quelques mois plutôt, Ivan et Bruno se rendent à une manifestation devant cette prison, avec un fumigène artisanal et des crèves-pneus. Sur leur trajet, ils sont arrêtés et accusés de transporter une bombe à clous. Cette affaire est de suite prise en charge par la section anti-terroriste de Paris. Ils sortiront après quatre mois de prison, sous contrôle judiciaire strict. Dans les mois qui suivent, quatre autres personnes se font arrêtées dans le cadre d’une instruction anti-terroriste. Ils sont soupçonnés d’avoir tenter de mettre le feu à une voiture de police devant un commissariat. C’était dans l’entre deux tours des présidentielles de 2007, un moment où les manifs étaient sauvages, où beaucoup de vitrines de permanences électorale ont éclaté, où des voitures ont cramé. Trois personnes, Isa, Juan et Damien sont encore en détention provisoire à ce jour. Cela fait maintenant un an qu’Isa est en prison en attente de son procès. Le 11 novembre dernier, neuf personnes sont incarcérées car elles sont soupçonnées d’avoir saboter des TGV. Sept d’entre elles sortiront, certaines sous contrôle judiciaire, Yldune et Julien restent emprisonnés. On les accuse entre autre d’appartenir à une « association de malfaiteurs à visée terroriste ».

Ce qui est attaqué ce sont nos luttes, nos mots, nos modes de vie, nos armes, nos amitiés et la possibilité d’affronter l’ordre des choses. « Association de malfaiteur », « association de malfaiteur à visée terroriste » des accusations qui font partie de ces petites machines de guerre par lesquelles on gouverne, qui incarcèrent les luttes qui ne choisissent pas les sentiers battus d’avance.

« Il n’y a pas lieu de craindre ou d’espérer, mais de chercher de nouvelles armes. », écrivait Gilles Deleuze. Entendons-le, ne nous laissons pas écraser par leur fichages, leurs lois d’exception et leurs constructions policières.

Nous vous invitons à venir manifester à Paris votre soutien aux inculpés et aux actes qui leur sont reprochés les samedi 24 janvier à 15 heures à Barbès et le samedi 31 janvier à 15 heures à Luxembourg.

Nous allons maintenant rendre l’antenne à ceux qui noient toutes contestations dans des marres à scandales, à ceux qui reprennent mot pour mot les comptes rendus des flics pour écrire leurs articles, à ceux qui ne s’étonnent plus de l’ampleur de la répression. Mais vous savez que le pouvoir enferme ceux qui sortent d’un rang discipliné.

Terminons avec une autre citation de Deleuze, un professeur de l’Université Vincennes quand elle se voulait encore une arme de lutte contre le capitalisme : « Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs,de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de micro-fascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma. »

Pas de peur qui tienne. Liberté pour tous les enfermés »