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- 13 janvier 2009 - Echos de la Taïga : sortie du n° 3
- 2 janvier 2009 - Du 15 au 25 Janvier 10 jours d’agitation contre les lois antiterroristes
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- 8 janvier 2009 - Préparation des journées contre l’antiterrorisme, du 15 au 25/01
- 7 janvier 2009 - Refus de remise en liberté d’Yldune.
- 8 janvier 2009 - Lettre ouverte à tous ceux qui soutiennent les inculpés du 11 novembre
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- 20 janvier 2009 - Lettre de Gabrielle.
- 15. Januar 2009 - Offener Brief an alle, die die Angeklagten vom 11. November unterstützen
- 15 janvier 2009 - Yldune libérée. Julien maintenu en détention. Communiqué.
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- 26 January 2009 - Hello all
- 30 janvier 2009 - Julien reste en détention. Manifestation samedi !
- 1er février 2009 - COMMUNIQUE SUITE A LA MANIFESTATION DU 31 JANVIER
- 2 février 2009 - suites de la manif sabotons l’antiterrorisme
- 10 février 2009 - Isa libérée.
- 14 de febrero de 2009 - Traducción de la carta de Benjamin
- 14 febbraio 2009 - Lettera a tutti quelli che sostengono gli imputati del 11 novembre
- 14 febbraio 2009 - Yldune libera. Julien mantenuto in detenzione. Communiqué.
- 10 mars 2009 - Procès, et soirée de soutien, des personnes arrêtées lors des manifestations du mois de janvier.
- 13 mars 2009 - La détention provisoire comme punition...
- 16 mars 2009 - A nos juges...
- 20 mars 2009 - Encore un clou tordu. Message d’Ivan
- 23 mars 2009 - Répression après les grèves/manifs du 19 mars.
- 25 mars 2009 - Sommet de l’OTAN : contre l’architecture globale de sécurité.
- 26 mars 2009 - Pseudos rebondissements dans l’affaire dite de Tarnac.
- 7 avril 2009 - Le contre-sommet de l’OTAN et la réapparition de l’"ultra-gauche".
- 21 avril 2009 - Manif contre la répression, et nouvelles semaines antiantiterroristes.
- 29 avril 2009 - Arrestation à Paris : rassemblement jeudi à 18h00
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- 1er mai 2009 - Un ordre à faire tomber
- 1er mai 2009 - Arrestation de Tessa - Communiqué du comité de soutien.
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- 26 mai 2009 - Forcalquier : après les arrestations du 18 mai, mise au point par le Comité de Sabotage de l’Antiterrorisme
- 26 mai 2009 - Interview de Julien dans Le Monde
- 26 mai 2009 - [antiterrorisme] Juan libéré !
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- 27 mai 2009 - Libération de Julien. Deux communiqués.
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- 2 juin 2009 - En espagnol : Libération de Julien. Deux communiqués.
- 2 de junio de 2009 - En espagnol : Interview de Julien dans Le Monde
- 8 juin 2009 - Un spectre hante l’Europe…
- 9 juin 2009 - Manifestation du 21 juin / Nouveaux appels
- 9 juin 2009 - Affiches pour la manif du 21 juin.
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- 3 juillet 2009 - Echos de la Taïga numéro 5
- 20 juin 2009 - Deux ou trois choses que j’avais à vous dire, par Yldune Lévy
- 21 juin 2009 - Nouvelles des arrêtés. Communiqué.
- 7 juillet 2009 - "Affaire de Tarnac" : Convocation à Berlin
- 11 juillet 2009 - Un manifestant perd un oeil à Montreuil.
- 19 juillet 2009 - « TARNAC, BERLIN, PEROUSE : MALFAITEURS DE TOUS LES PAYS, ASSOCIONS-NOUS ! »
- 1er août 2009 - "Tarnac : Trois autonomes allemands refusent de répondre au juge Fragnoli "
- 10 August 2009 - FÊTE DES PARTISANS 21,22,23 août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme
- 25 août 2009 - 28, 29 et 30 août, sur l’enfermement
- 5 novembre 2009 - La police cherche les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris.
- 24 novembre 2009 - Communiqué suite à l’arrestation de ce matin
- 26 novembre 2009 - Lettre de Benjamin et Maka : "Fallait pas nous mettre dans la même prison !"
- 30 novembre 2009 - Parloir sauvage à la SDAT
- 3 décembre 2009 - Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires
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Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires
L’arrestation de Christophe, le 27 novembre, marque un palier dans la bouffée délirante d’Etat que l’on nomme pudiquement "affaire de Tarnac". Sa mise en examen situe le point où une procédure ne se poursuit qu’afin de se sauver elle-même, où l’on inculpe une personne de plus dans le seul espoir de maintenir le reste des inculpations.
En fait de "premier cercle", Christophe appartient surtout au petit nombre de ceux avec qui nous discutons de notre défense. Le contrôle judiciaire qui voudrait, pour l’avenir, lui interdire de nous voir est l’aberration de trop ; c’est une mesure consciente de désorganisation de la défense, aussi. A ce point de torsion de toutes les notions du droit, qui pourrait encore exiger de nous que nous respections ces contrôles judiciaires et cette procédure démente ? A l’absurde nul n’est tenu. Il n’y a pas besoin de se croire au-dessus de la justice pour constater qu’elle est en dessous de tout. Au reste, une société qui se maintient par des moyens si évidemment criminels n’a de procès à intenter à personne.
La liberté sous contrôle judiciaire est le nom d’une sorte d’expérience mystique que chacun peut se figurer. Imaginez que vous ayez le droit de voir qui vous voulez, sauf ceux que vous aimez, que vous puissiez habiter n’importe où, sauf chez vous, que vous puissiez parler librement, au téléphone ou devant des inconnus, mais que tout ce que vous dites puisse être, un jour ou l’autre, retenu contre vous. Imaginez que vous puissiez faire tout ce que vous voulez, sauf ce qui vous tient à coeur. Un couteau sans manche auquel on a retiré la lame ressemble davantage à un couteau que la liberté sous contrôle judiciaire ne ressemble à la liberté.
Vous flânez sur un boulevard avec trois amis ; sous la plume des flics qui vous filochent, cela se dit : "Les quatre objectifs se déplacent en direction de..." Vous retrouvez après des mois de séparation un être qui vous est cher ; dans le jargon judiciaire, cela devient une "concertation frauduleuse". Vous ne renoncez pas, même dans l’adversité, à ce que toute amitié suppose de fidélité ; c’est évidemment une "association de malfaiteurs".
La police et sa justice n’ont pas leur pareil pour travestir ce qui tombe sous leur regard. Peut-être ne sont-elles finalement que cette entreprise de rendre monstrueux ce qui, aimable ou détestable, se comprend sans peine.
S’il suffit de ne se reconnaître dans aucune des organisations politiques existantes pour être "autonome", alors il faut bien admettre que nous sommes une majorité d’autonomes dans ce pays. S’il suffit de regarder les directions syndicales comme des traîtres avérés à la classe ouvrière pour être d’"ultragauche", alors la base de la CGT est présentement composée d’une série de dangereux noyaux d’ultragauchistes.
Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver, comme nous l’avons fait, déjà, pour écrire ce texte. Nous ne chercherons pas à nous cacher. Simplement, nous désertons le juge Fragnoli et les cent petites rumeurs, les mille aigreurs misérables qu’il répand sur notre compte devant tel ou tel journaliste. Nous désertons la sorte de guerre privée dans laquelle la sous-direction antiterroriste voudrait nous engager à force de nous coller aux basques, de "sonoriser" nos appartements, d’épier nos conversations, de fouiller nos poubelles, de retranscrire tout ce que nous avons pu dire à notre famille durant nos parloirs en prison.
S’ils sont fascinés par nous, nous ne sommes pas fascinés par eux - eux que nos enfants appellent désormais, non sans humour, les "voleurs de brosses à dents" parce que, à chaque fois qu’ils déboulent avec leurs 9 mm, ils raflent au passage toutes les brosses à dents pour leurs précieuses expertises ADN. Ils ont besoin de nous pour justifier leur existence et leurs crédits, nous pas. Ils doivent nous constituer, par toutes sortes de surveillances et d’actes de procédure, en groupuscule paranoïaque, nous, nous aspirons à nous dissoudre dans un mouvement de masse, qui, parmi tant d’autres choses, les dissoudra, eux.
Mais ce que nous désertons d’abord, c’est le rôle d’ennemi public, c’est-à-dire, au fond, de victime, que l’on a voulu nous faire jouer. Et, si nous le désertons, c’est pour pouvoir reprendre la lutte. "Il faut substituer au sentiment du gibier traqué l’allant du combattant", disait, dans des circonstances somme toute assez semblables, Georges Guingouin (Résistant communiste).
Partout dans la machine sociale, cela explose à bas bruit, et parfois à si bas bruit que cela prend la forme d’un suicide. Il n’y a pas un secteur de cette machine qui ait été épargné dans les années passées par ce genre d’explosion : agriculture, énergie, transports, école, communications, recherche, université, hôpitaux, psychiatrie. Et chacun de ces craquements ne donne, hélas, rien, sinon un surplus de dépression ou de cynisme vital - choses qui se valent bien, en fin de compte.
Comme le plus grand nombre aujourd’hui, nous sommes déchirés par le paradoxe de la situation : d’un côté, nous ne pouvons pas continuer à vivre comme cela, ni laisser le monde courir à sa perte entre les mains d’une oligarchie d’imbéciles, de l’autre, toute forme de perspective plus désirable que le désastre présent, toute idée de chemin praticable pour échapper à ce désastre se sont dérobées. Et nul ne se révolte sans perspective d’une vie meilleure, hormis quelques âmes sympathiquement désespérées.
L’époque ne manque pas de richesse, c’est plutôt la longueur du souffle qui lui fait défaut. Il nous faut le temps, il nous faut la durée - des menées au long cours. Un des effets principaux de ce qu’on appelle répression, comme du travail salarié d’ailleurs, c’est de nous ôter le temps. Pas seulement en nous ôtant matériellement du temps - le temps passé en prison, le temps passé à chercher à faire sortir ceux qui y sont -, mais aussi et d’abord en imposant sa propre cadence. L’existence de ceux qui font face à la répression, pour eux-mêmes comme pour leur entourage, est perpétuellement obnubilée par des événements immédiats. Tout la ramène au temps court, et à l’actualité. Toute durée se morcelle. Les contrôles judiciaires sont de cette nature, les contrôles judiciaires ont ce genre d’effets. Cela va bien ainsi.
Ce qui nous est arrivé n’était pas centralement destiné à nous neutraliser nous, en tant que groupe, mais bien à impressionner le plus grand nombre ; notamment ceux, nombreux, qui ne parviennent plus à dissimuler tout le mal qu’ils pensent du monde tel qu’il va. On ne nous a pas neutralisés. Mieux, on n’a rien neutralisé du tout en nous utilisant de la sorte.
Et rien ne doit plus nous empêcher de reprendre, et plus largement sans doute, qu’auparavant, notre tâche : réélaborer une perspective capable de nous arracher à l’état d’impuissance collective qui nous frappe tous. Non pas exactement une perspective politique, non pas un programme, mais la possibilité technique, matérielle, d’un chemin praticable vers d’autres rapports au monde, vers d’autres rapports sociaux ; et ce en partant des contraintes existantes, de l’organisation effective de cette société, de ses subjectivités comme de ses infrastructures.
Car c’est seulement à partir d’une connaissance fine des obstacles au bouleversement que nous parviendrons à désencombrer l’horizon. Voilà bien une tâche de longue haleine, et qu’il n’y a pas de sens à mener seuls. Ceci est une invitation.
Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Mathieu et Yildune sont les dix personnes mises en examen dans l’affaire dite "de Tarnac".
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Parloir sauvage à la SDAT
Vendredi 27 novembre à 7h30, nous avons pénétré la zone sacrée entourant le 84, rue de Villiers à Levallois-Perrret, locaux de la CIA française*. Depuis le temps qu’on y emmène tous nos amis, on pouvait légitimement se demander à quoi ressemblait ce lieu plein de mystères. En vérité, cela ressemble tout à fait à un hôtel 4 étoiles pour séminaristes américains, avec son hall de verre et ses dépendances dégueulasses en préfabriqués (qui, soit dit en passant, sont les chambres qu’on réserve, précisément, à nos amis). Cette fois, c’était Christophe qui faisait les frais du désespoir armé du juge Fragnoli, une fois de plus en mal de rebondissements. Il était semble-t-il accusé d’être trop proche de certains inculpés, en particulier de sa femme Manon, qu’il verrait régulièrement, d’après des sources proches du dossier. Nous avons décidé de lui faire une petite fête.
Ce jour-là, donc, au lever du jour, et tandis que – la 72ème heure de sa garde-à-vue atteinte – son avocat lui rendait visite, une vingtaine de personnes porteuses de lunettes de soleil et de parapluies se massèrent autour d’un véhicule monospace garé juste en face des préfabriqués susmentionnés. Du véhicule sortait une musique rauque, auxquels répondaient les cris de la petite foule bizarre et dansante. A y regarder de plus près, il semblait qu’engoncés dans l’habitacle bas-de-plafond du véhicule, deux individus suspects s’affairaient sur une batterie et un synthétiseur hurlant. Le son réussit à percer les épaisseurs de Rockwool et la surdité naissante de notre camarade, qui entendit bien, nous assure son avocat, quelque chose.
Un attroupement si inhabituel troubla les agents la SDAT, qui ne se sentaient sans doute pas de procéder à une interpellation, en armes et en cagoules, pour « tapage matinal sur la voie publique en relation avec une entreprise terroriste ». Désemparés par ce cas épineux, ils appelèrent finalement à la rescousse la police des gens normaux, qui se trouva à son tour bien embêtée. Les quatres pauvres agents cherchèrent désespérément un responsable et des pièces d’identité mais n’obtinrent que des gargouillements en italiens et une interprétation sincère de « il était un petit navire ». Tout le monde s’éloigna avec l’air de ne pas y toucher, d’abord poursuivis machinalement par les bleus, qui bien vite renoncèrent à suivre quelque chose qu’ils ne savaient pas nommer.
Le comité de Paris.
* : La Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), fusion de la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) et des Renseignements Généraux (RG), qui partage ses locaux avec la Sous-Direction Antiterroriste (SDAT) de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
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Lettre de Benjamin et Maka : "Fallait pas nous mettre dans la même prison !"
Je suis Maka, j’ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour « tentative d’homicide volontaire sur agents des forces de l’ordre » depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de Villiers-le-Bel en novembre 2007. Des centaines de jeunes s’étaient affrontés à la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.
Je suis Benjamin, j’ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à « une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l’alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008.
lire la suite de la lettre sur un petit site où y’a notamment une vidéo.
Je suis Maka, j’ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour "tentative d’homicide volontaire sur agents des forces de l’ordre" depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel. Des centaines de jeunes ont affronté la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.
Je suis Benjamin, j’ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à "une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste" suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l’alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008.
Un Blanc. Un Noir. Cité du Val-d’Oise. Petit village de Corrèze. Parents immigrés africains de première génération. Classe moyenne de province. Diplôme universitaire. Déscolarisation précoce. Nos histoires se croisent au hasard d’une désertion des voies tracées pour nous dans le grand cirque de la reproduction sociale.
Désertion des "possibilités" d’un plan de carrière universitaire et professionnel tout tracé. Désertion de la perspective de rejoindre la France qui se lève vraiment tôt, celle qu’on croise à 5 heures du soir dans le RER, celle qui nettoie la scène où la France qui compte se produira au grand jour.
Désertion en tout cas de cette France qui expulse, qui parque, qui discrimine, qui classe, ordonne, juge et enferme toujours selon la classe, la race, le "patrimoine". Nous nous sommes trouvés dans une petite cour de promenade humide et glauque de la prison de Fresnes, de sinistre réputation. A l’ombre des barbelés, les pieds dans l’urine des rats. Un an déjà s’est passé depuis notre rencontre et le système judiciaire n’a pas manqué de manifester sa véritable nature : un système qui fixe au jour le jour les critères de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas au bénéfice, le plus souvent, des classes dominantes de cette société. Face à ce système, et pris dans le viseur d’un gouvernement qui ne cesse de mettre la vieille tradition réactionnaire française au goût du jour, nous endossons chacun la défroque d’une figure de l’ennemi intérieur nouvelle vague.
On comprend bien l’acharnement que met ce gouvernement - appuyé en cela par la plupart des médias - à faire de nous, chacun à sa façon, les plus terribles portraits, "barbares", "inconscients", "ultra-violents", "anarcho-autonomes", "racailles" et toutes sortes d’autres outrances langagières. On sent aussi à quel point ce que l’on conjure à tant nous calomnier c’est la crainte que ces figures soient finalement plus désirables que les figures officielles de la réussite et de l’intégration.
Et elles le sont sans aucun doute... Le jeune diplômé qui crache dans la soupe de l’Occident triomphant et ne compte pas en rester là ; le jeune fils d’immigré qui refuse de rempiler dans les fonctions de larbin qu’on a toujours massivement réservées à ceux de sa couleur.
Notez que, même aux rangs des ennemis intérieurs désignés, la couleur de peau et l’extraction font encore une terrible différence. La "société civile", les médias s’émeuvent beaucoup moins du sort de quelques jeunes "indigènes" aux prises avec une police galvanisée que lorsqu’il s’agit de rejetons de la classe moyenne blanche - socle politique de ce pays. Et les magistrats ont toujours la main plus lourde.
Nous nous sommes retrouvés là, l’un et l’autre, sur foi de réquisitoires aussi peu fondés l’un que l’autre, où le bon vieux "témoignage anonyme", pour ne pas dire "délation crapuleuse", dispense opportunément de la "charge de la preuve"... Pris dans de véritables affaires d’Etat où les enjeux politiques dépassent largement le sort particulier de nos petites personnes, voire s’en balancent, au profit d’enjeux électoraux, de compétition des services de renseignement et de police, de politiques de communication policières et ministérielles.
Nicolas Sarkozy avait dit, avant même son élection à la tête de l’Etat, toute sa crainte d’une "jonction" - jamais advenue - entre le mouvement des universités contre le contrat première embauche (CPE) et les différentes vagues de révoltes de la jeunesse de banlieue, ce n’est pas le moindre des paradoxes que ce soit sa politique de répression elle-même qui nous fasse nous rencontrer. Il n’y a jamais eu meilleur catalyseur que l’épreuve d’une hostilité commune pour passer des frontières qui étaient parfois apparues infranchissables. La simple juxtaposition de nos deux histoires éclaire le présent d’une lumière plus crue. Nous pensons que notre rencontre n’est pas qu’une anecdote sympathique. Elle nous a paru à tous deux préfigurer ce qui doit arriver, ce qui, comme peu d’autres choses, indique une sortie du marasme politique du présent.
Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est qu’il est temps d’en finir avec l’habituel fatalisme qui entoure ceux qui sont pris dans les rouages de la justice et qui n’ont d’autre horizon que le broyage pénitentiaire. Nous ne sommes pas des épouvantails, nous sommes doués de parole et de pensée et nous comptons bien en faire usage envers et contre tout étouffement.
Fin octobre a été prononcé un non-lieu pour les policiers qui étaient à bord du véhicule qui a provoqué la mort de Larami et Moushin. Il n’y aura pas de procès. Dans le même temps, on annonce le renvoi aux assises des quatre personnes soupçonnées, sans preuves, d’avoir participé aux tirs contre les forces de police pendant les émeutes. Tout semble annoncer un procès expiatoire.
Il s’agira de faire un exemple pour toute la jeunesse révoltée de ce pays : "N’espérez même pas pouvoir vous défendre ! Nous jouissons de l’impunité totale, vous risquez des peines énormes. Vous êtes pieds et poings liés", semblent hurler tous les pouvoirs réunis en une seule et même chorale infernale. Et nous n’avons pas fini de l’entendre : le 27 octobre avait lieu à Clichy-sous-Bois une commémoration de la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur électrique lors d’une course-poursuite avec la police en 2005 ; ce même jour les policiers ont déposé une plainte contre Muhittin, seul survivant du trio d’adolescents, aujourd’hui majeur, pour "non-assistance à personne en danger".
Je suis Benjamin, je suis resté à peine trois semaines en détention. Comme mes co-mis en examen je suis depuis onze mois sous contrôle judiciaire strict avec l’interdiction de rentrer chez moi. Je cherche à faire que ce temps volé par l’appareil judiciaire ne soit pas un temps mort.
Je suis Maka, comme mes co-mis en examen je suis depuis vingt mois en détention "préventive", et placé à l’isolement. Je lis, j’écris, j’aiguise ma compréhension de ce monde et de la place qui nous y a été dévolue ; je fais ma révolution dans 9 mètres carrés.
Nous ne sommes que deux exemples parmi tant d’autres que nous ne pouvons tous citer ici. L’année 2010 devrait voir de nouveaux rebondissements dans nos deux "affaires". Elles sont toutes deux emblématiques de la guerre totale que mène ce gouvernement contre tout ce qui ne se soumet pas à son idéal glacé et policé. Nous pensons que ces victoires ne leur sont pas assurées.
Nous savons que nous sommes toujours plus nombreux, de tous horizons, déterminés à ne pas les laisser marcher sur nos têtes. Il faut que ces "épisodes" judiciaires soient aussi pour chacun l’occasion d’une prise de parti dans l’époque. Rester silencieux en de telles circonstances revient à tenir le manche de la pelle qui s’évertue à vouloir nous enterrer vivants.
Voir en ligne : sur le site du Monde
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Communiqué suite à l’arrestation de ce matin
Ce matin à 6H30, la SDAT s’est permise de procéder à une nouvelle arrestation parmis les "proches" des inculpés. Le Juge Fragoli nous avait presque fait couler une petite larme la semaine dernière en se targuant, dans Libération, de procéder dans ce dossier avec toute l’"humanité" dont il était capable. Il aura, ce matin encore, fait montre de la finesse que nous lui connaissions : 15 gros malins de la SDAT pour défoncer une porte et braquer deux enfants de 4 et 6 ans dans leur lit. Tout cela afin d’interpeller une personne qui avait déjà été arrêtée le 11 novembre 2008, à partir d’éléments du dossier plus que fantasques et en leur possession depuis le premier jour.
Evidemment, nous comprenons ce qui est en oeuvre ici. Alors que les deux éléments centraux de leur accusation, à savoir la filature de Julien et de Yildune et le témoignage sous X, ont été largement balayés par des révélations récentes, les tristes clowns continuent leur fuite en avant, usant de prétextes toujours plus risibles afin de faire diversion. Il est à noter que le juge Fragoli, encore et toujours lui, aurait déclaré à des journalistes qu’il ne procéderait pas à une reconstitution de la soit-disante nuit des sabotages. Il semblerait donc définitivement vouloir couvrir ce qui, chaque jour un peu plus, ressemble à des faux réalisés par la SDAT. Souhaitons lui bonne chance, il en aura bien besoin.
Par delà cette pathétique tentative de diversion, nous voyons une fois de plus ce que l’anti-terrorisme permet et se permet. Comme lors des deux vagues d’arrestations précédentes, des amis des inculpés sont arrêtés en pleine rue ou en plein sommeil pour subir 96 H de garde à vue et donc de pression et d’humiliation. La démocratie ça se maintient comme ça peut.
Nous interprétons cette nouvelle tentative d’intimidation comme la seule réponse qu’ait trouvée Mr Ragnoli a l’effondrement de son instruction. Gageons que les semaines à venir nous permettent de définitivement en finir avec cette farce, comme avec sa carrière.
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La police cherche les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris.
Ce matin (jeudi 5 novembre), vers 6h, la police est venue perquisitionner un appartement à Rouen. Elle a embarqué une personne pour une audition.
Les policiers (de la SRPJ de Paris) recherchent apparemment les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris.
Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté ce jour-là dans le quartier des Halles. De nombreux manifestants étaient masqués, et au passage devant le siège de l’administration pénitentiaire les vitres de ce bâtiment avaient été brisées. En réponse la police avait gazé. Lors de la dispersion plusieurs personnes avaient été arrêtées et frappées au sol.
Les policiers sont venus dans cet appartement rouennais car c’est depuis celui-ci qu’avait été créée la boîte mail du comité de soutien local. C’est l’opérateur Gmail qui a fourni ces informations à la police.
La personne arrêtée est ressortie sans aucune charge contre elle.
Les policiers semblaient plutôt rechercher des informations sur deux personnes : un certain Vincent et un certain Julien.
Nous ne connaissons pas ces personnes aussi, si elles se reconnaissent : faites attention, camarades. Une instruction est ouverte pour "dégradations", "violences à agent" le tout en "bande organisée".
Quelques jours après la divulgation de nouveaux éléments dans l’affaire de Tarnac, tendant à montrer que la filature de Julien et Yldune par la SDAT avait été entièrement bidonnée par les policiers, voilà donc la réponse des policiers : s’en prendre à nouveau aux comités de soutien. Minable. Et insuffisant.
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28, 29 et 30 août, sur l’enfermement
Discussion
à FAUX LA MONTAGNE, Samedi 29, 15h00, dIscussion sur les longues peines et l’isolement carcéral, les luttes contre l’enfermement psychiatrique et les prisons, avec le journal l’envolée.
Concerts
à FAUX LA MONTAGNE, Vendredi 28, HIGH TONE. 21h00, salle des fêtes.
à TARNAC, Dimanche 30, FANTAZIO, avec Frank Williams, Benjamin Colin et invités exeptionels de dernière minute, Denis Charolles et Jean-François Vrod.
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FÊTE DES PARTISANS 21,22,23 août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme
Monday 10 August 2009, by canrat
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"Tarnac : Trois autonomes allemands refusent de répondre au juge Fragnoli "
"Deux autonomes berlinois et une autre de Hambourg avaient reçu des invitations à comparaître en tant que témoins, respectivement les 16 et 17 juillet, dans l’affaire dite de « Tarnac ». Ils étaient invités à témoigner contre neuf camarades (les neuf de Tarnac) dans le cadre d’un complément d’enquête du tribunal de grande instance de Paris. En novembre 2008, neuf personnes avaient été arrêtées en France sur la base des lois antiterroristes après des actions de sabotages du réseau ferroviaire lors d’un transport de déchets nucléaires et en plein pendant une grève des cheminots français."
Des manifestations étaient organisées à Berlin et Hambourg à l’occasion de ces invitations à comparaître.
À Berlin, la cinquantaine de personnes qui s’étaient réunies devant l’ambassade de France ont eu la surprise de voir débarquer un singe jaune et fringant, de la taille d’un homme — un oran-outang —, une pancarte contre le transport de déchets nucléaires fixée sur le derrière. Celui-ci se joignit à la manifestation et d’une voix manifestement féminine, prit la parole. Un quart d’heure plus tard, alors qu’il s’apprêtait à quitter la manifestation, le singe fut arrêté. Le lecteur avisé s’en doutait peut-être : sous le déguisement se dissimulait l’un des témoins. Elle fut emmenée au siège de la police judiciaire régionale de Tempelhof où elle fut détenue durant plusieurs heures. Les participants à la manifestation prirent le même chemin pour soutenir les personnes qui devaient être auditionnées.
En vertu du §55 du code pénal, le second témoin refusa de répondre aux questions du juge et fut libéré vers 16 heures sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. La personne arrêtée pendant la manifestation devait alors être entendue.
Les deux juges allemands et les quatre juges français ont eu la surprise de la découvrir dans son costume de singe. Elle ne portait sous cet accoutrement que des sous-vêtements et les fonctionnaires préféraient encore un témoin au pelage jaune et ébouriffé qu’à moitié nue. C’est dans cette tenue qu’elle fit face durant deux heures aux juges ébahis et qu’elle refusa de faire toute déclaration.
Tel est le récit d’une action réussie pouvant servir d’exemple quant au refus de se rendre à une convocation judiciaire. Il convient toujours de donner une réponse appropriée au théâtre étatique.
Allocutions prononcées lors du rassemblement devant l’ambassade de France
Mafia atomique franco-allemande : couper la liaison !!!
Les pannes à répétition dans la centrale nucléaire de Krümmel soulignent aujourd’hui dans la presse ce qui est évident depuis des décennies pour le mouvement anti-nucléaire allemand et français : l’énergie atomique n’est pas contrôlable ! Le combat contre l’utilisation de l’énergie atomique, contre la construction de centrales nucléaires et l’exploitation d’uranium (au Canada par exemple), combat mené à de nombreux niveaux et par différents moyens, est un combat contre une technologie dangereuse pour la vie.
La politique énergétique nucléaire au niveau international
La coopération franco-allemande en matière d’énergie nucléaire se distingue par une très longue tradition. C’est dans l’usine de retraitement de La Hague que sont conditionnés depuis les années 70 les déchets atomiques allemands avant leur transport par Castor jusqu’à Gorleben. Cela fait également trente ans que le groupe Siemens mène une collaboration étroite avec des groupes industriels français pour le développement et la construction de centrales nucléaires. L’entreprise d’État française EDF est l’actionnaire principal de EnBW, entreprise basée dans le sud de l’Allemagne et gérant plusieurs centrales nucléaires.
Malgré de nombreuses pannes et accidents dans les centrales françaises, comme celles de Tricastin l’année dernière, ou celles de Krümmel près de Hambourg en ce moment, les groupes industriels et les gouvernements entendent poursuivre coûte que coûte et même étendre l’utilisation de l’énergie atomique bien que celle-ci soit dangereuse. Ainsi, le groupe nucléaire français Areva construit en France et en Chine de nouveaux réacteurs, le groupe allemand EON en construit en Finlande, tandis que RWE est responsable de la construction d’un modèle russe en Bulgarie. Dans ce cadre, la sécurité de la population est secondaire. La priorité des capitalistes va à la sécurisation de leurs profits : les Allemands construisent en Bulgarie un réacteur situé dans une région présentant d’importants risques sismiques. Depuis des décennies, toutes sortes de matières radioactives et toxiques sont déversées dans le site dit d’« enfouissement » de Asse, alors qu’il est de notoriété publique que des infiltrations d’eau le rendent complètement inapproprié à un tel usage.
Dans le cas de la Bulgarie comme d’Asse, il est clair comme de l’eau de roche que les hommes et les femmes politiques et les scientifiques de l’industrie nucléaire ont été achetés. Et ce business vaut le coût pour la mafia nucléaire franco-allemande : rien que pour la poursuite de l’exploitation des 17 centrales nucléaires allemandes, les quatre groupes allemands du secteur de l’énergie tablent sur un profit de plus de 200 milliards d’euros. Pour y parvenir, l’industrie nucléaire, partout dans le monde, fait peu de cas des vies humaines. Pourtant, ce n’est pas cette énergie criminelle des groupes industriels qui est poursuivie par la justice franco-allemande. Non, au lieu de cela on criminalise des personnes parce que quelques crochets ont été jetés sur les lignes à haute tension du réseau ferré pour stopper enfin cette folie de la mafia nucléaire.
La résistance internationale pousse les autorités hors du bois
En novembre dernier, alors que des déchets nucléaires allemands étaient convoyés par conteneurs de type castor depuis la France jusqu’à Gorleben en Basse-Saxe, des actions de protestation et de résistance ont eu lieu en France et en Allemagne. De nombreuses manifestations, des actions de blocages des voies ferrées et de sabotage des lignes ferroviaires en Allemagne et en France ont occasionné des dommages s’élevant à plusieurs millions d’euros. Plus d’un millier de trains ont été retardés. Ce n’est que grâce à un encadrement policier au coût exorbitant, et après plus de vingt heures de retard par rapport à l’itinéraire prévu, que le convoi a pu atteindre le site de stockage intermédiaire de Gorleben — site qui n’est rien d’autre qu’une grange à pommes de terre bien aérée.
Côté allemand, des installations signalétiques avaient été mises hors d’usage. En France, des actions de sabotage des lignes à haute vitesse ont semé le chaos dans la circulation du week-end à la SNCF. Plusieurs trains ont dû s’arrêter, plus d’un millier ont connu des retards. À l’origine de cela, deux crochets suspendus à la ligne à haute tension séparant le trolley de l’alimentation électrique au passage du train. Dans un communiqué rédigé en allemand et envoyé notamment au journal Taz, les actions dans les deux pays sont expliquées de la manière suivante : « Parce que nous en avons assez, nous avons au petit matin dirigé notre colère contre le réseau de transport de déchets nucléaires ». Peu après, une grande vague de perquisitions et d’arrestations est menée dans le petit village de Tarnac et dans d’autres endroits. Neuf personnes sont arrêtées, certaines d’entre elles sont maintenues pendant des mois en détention provisoire.
Les autorités françaises et une partie des médias parlent sans aucune retenue de terrorisme et établissent un lien avec les enquêtes contre une soi-disant « mouvance anarcho-autonome », label sous lequel il avait été procédé à de nombreuses arrestations en France depuis janvier 2008. À l’origine, des actions contre les centres de rétention, la participation aux mouvements d’opposition à la réforme de l’éducation — très forts en France — ainsi qu’aux manifestations consécutives à l’élection présidentielle. Dans ce contexte, un petit livre dont l’un des inculpés est soupçonné d’être co-auteur a aussi semé l’émoi. Intitulée L’insurrection qui vient, cette œuvre parle de rébellion contre un présent aussi irréel que désolant et lance un appel à se préparer concrètement à une révolte imminente. Les autorités réagissent à ce livre avec beaucoup de nervosité. Elles tirent le signal d’alarme quand des hommes et des femmes créent des réseaux internationaux pour s’opposer à la folie atomique, climatique et capitaliste avec tout ce qu’elle impose. Ce que nous considérons comme pure nécessité, la partie adverse l’appelle en choisissant ses mots « terrorisme », « Internationale de la révolte » ou actions de brutaux casseurs.
En Italie aussi, peu avant le sommet du G8 des tenants du pouvoir résolus à décider entre eux de la politique mondiale, deux camarades ont été incarcérés pour tentatives de sabotage des lignes ferroviaires avec des crochets. Eux aussi sont soupçonnés d’appartenir avec 35 autres personnes à une « Internationale de la révolte ». Nous les saluons ainsi que tous ceux qui ne veulent laisser aucun répit !
L’enquête en France se poursuit. Toutes les personnes concernées ont été relâchées — tout en restant soumises à des obligations très strictes comme l’interdiction d’avoir des contacts entre elles, des assignations à résidence etc. — ou elles s’étaient soustraites à leur arrestation. La tenue d’un procès n’est pas encore fixée.
L’amitié franco-allemande contre les enquêtes franco-allemandes
Pour ce qui est de l’affaire de Tarnac et des actions de sabotages contre les lignes ferroviaires pendant le transport par Castor, les autorités françaises saisies de l’enquête entendent manifestement poursuivre leurs investigations en Allemagne. Deux autonomes berlinois ont reçu les invitations d’un juge à être entendus ici comme témoins dans le cadre d’un complément d’enquête venant de France. Un rapport de la police anti-terroriste française sur l’affaire de Tarnac du début de l’année mentionnait déjà ces deux personnes. Le passage correspondant évoque la pratique largement répandue en Allemagne de sabotage des transports de déchets nucléaires à l’aide de crochets. Les autorités allemandes ont informé leurs collègues français d’une procédure d’enquête baptisée « les crochets dorés » et levée depuis longtemps, procédure incriminant entre autres les deux personnes invitées à être entendues aujourd’hui. Une autre personne doit être prochainement entendue à Hambourg. Les deux militants anti-nucléaires de Berlin ne feront aucune déclaration. Ils ne souhaitent fournir aux autorités aucune information que ce soit pour l’enquête contre la résistance anti-nucléaire et contre ceux que l’on érige en mouvement criminel parce qu’ils s’engagent contre une politique criminelle. Nous vous invitons au contraire à accompagner les deux personnes au tribunal de Tempelhofer Damm. Nous nous saisissons de l’occasion qui ne nous est pas librement offerte pour faire part en ce jour d’invitation judiciaire, depuis un Berlin encore bien trop calme, de notre solidarité avec les camarades de Tarnac.
Montrer les griffes au système – ici, là et ailleurs : ils ne passeront pas ! Notre solidarité contre la répression ! Nos luttes contre leur politique ! Solidarité !
Ce que le singe a dit avant son arrestation
« Je suis ce que je suis » — telle est la dernière offre de la publicité au monde. Des décennies de développement pour en arriver là où nous sommes. Une pure tautologie. « Je suis ce que je suis. » Mon corps m’appartient. Je suis moi, et tu es toi, et quelque chose ne va pas.
Quelle que soit la perspective sous laquelle on l’envisage, le présent n’offre aucune issue. Nous sommes tous d’accord sur le fait que les choses ne peuvent qu’empirer. « L’avenir n’a pas d’avenir », telle est la sagesse d’une époque qui, dans sa normalité parfaite, atteint le niveau de conscience des premiers punks. Enfin !
Nous sommes ici aux côtés de nos amiEs dont l’État français, sous le label de « mouvance anarcho-autonome », veut la peau. Et deux d’entre nous devraient les y aider ? En tant que témoins ? Mais ils ne vont pas bien ! Jamais ! Nous sommes ici devant l’ambassade parce que nous avons un message à transmettre : pas à l’État, pas à la justice. À nos amiEs et à tous ceux qui se sentent reliés à eux. Ce qui nous relie, c’est de ne pas nous adresser à la politique dominante, de ne pas la critiquer, de ne vouloir l’aider d’aucune manière à s’améliorer. Nous voulons l’abolir et avec elle, toute l’administration destructrice du monde, parce c’est notre vie, et que nous allons la reconquérir.
Comme nos amiEs, nous nous en tenons à ce que tous savent et dont personne ne souhaite vraiment parler — que cela ne CONTINUERA pas comme cela, que cet ordre mondial basé depuis 500 ans sur le meurtre et le pillage de l’humanité et de la nature fonce droit dans le mur : économiquement, écologiquement, socialement, mentalement, c’est-à-dire à tous les niveaux.
On ne peut plus continuer à s’agiter, à produire des preuves. Les preuves elles-mêmes sont depuis longtemps une marchandise, une fin en soi préservant le système, une stratégie d’évitement de toute conséquence logique et éthique. Avec les médias révélant sans cesse les mêmes terribles destins et un public sans cesse capable de faire comme s’il découvrait pour la première fois l’horreur des noyades des réfugiés, des villes bombardées, de la catastrophe climatique — pour affoler brièvement, s’assurer de la fatalité de la situation et de sa propre impuissance, avant de retourner en toute quiétude à leurs affaires — personne ne doute plus sérieusement que ceci ne sera plus possible bien longtemps. Ça va péter !
Ça va péter !
Et tout à coup, il y a à nouveau des livres dangereux. L’un d’entre eux, L’insurrection qui vient, fait en ce moment l’objet d’une lecture attentive de la part des autorités sécuritaires françaises. Dans le bourbier réactionnaire des États-Unis, il soulève une indignation de premier ordre. Ces livres parlent de rupture avec l’ambiance apocalyptique quotidienne de la modernité finissante et du combat pour notre vie. D’en finir avec l’activisme poussif de la gauche traditionnelle et plus loin, de commencer aujourd’hui à se révolter.
L’insurrection qui vient commence par les castrations nous maintenant dans le chœur de ceux qui s’époumonent d’autant plus haut dans les aigus sur le psaume de « There is no alternative », que tout le blabla insensé sur la valorisation craque de toute part sans qu’on ne l’entende et que des voix enfin claires sont audibles dans la rue. Il ne persiste pas dans sa représentation de la misère. S’il la décrit, c’est au contraire pour nous permettre de nous y reconnaître nous-même, d’y reconnaître nos propres expériences et notre égarement. Il ne s’agit pas d’une explication mais de résonance. De se trouver et de développer une langue commune qui ne soit pas plus longtemps compatible avec le commando. Quiconque se retrouve dans le vide décrit, dans le déchirement et la désolation, et souhaite en finir avec cela, est invité à continuer à réfléchir à la manière de venir à bout de la misère.
L’insurrection qui vient constitue une proposition stratégique pratique. Il prend pour cible la fragilité interne du régime, fragilité dissimulée par toutes les forces du pouvoir. Malgré une stabilité toute apparente, celui-ci continue en effet à dépendre aujourd’hui comme hier de la motivation des travailleurs et de ce qu’aucune clé à écrous ne tombe dans ses rouages. Sa vulnérabilité à ce niveau a encore cru ces dernières années. Elle réside dans les cadences élevées de la production just-in-time, des réseaux d’énergie et de transport, des flux d’information.
Il s’agit de reconnaître sa propre force dans les faiblesses de l’adversaire, de réfléchir aux possibilités de se soustraire à cet appareil en roue libre afin de s’engager ensemble pour quelque chose de meilleur. Pour créer des liens entre bandes combatives se gardant de reproduire les erreurs du passé : elles savent la nécessité pour la préparation d’actes de sabotage de construire des structures propres. Parce que les supermarchés ne pourront être pillés qu’aussi longtemps qu’il y a encore quelque chose à l’intérieur, la carotte est nécessaire autant que le poing, le combat contre l’existant doit s’accompagner de la recherche pratique d’un tout radicalement autre. Des bandes combatives reconnaissant dans la liberté des uns la colonne vertébrale des groupes — et réciproquement.
Des groupes se reliant les uns aux autres, qui veulent tout absolument au même moment et refusent clairement tout atermoiement. Reconnaître pour condition le fait que nous vivons au cœur d’une guerre sociale globale dans laquelle nous devons prendre position d’une façon ou d’une autre. Alors pourquoi ne pas oser un nouveau départ, ne pas tenter d’organiser notre vivre ensemble sur cette planète de façon à ce que chacun en retire quelque chose ? Plus sérieusement : y-a-t il encore un quelconque argument en faveur de la conservation de l’expérience ratée du capitalisme ?
Comparé à la détermination avec laquelle les communautés indiennes bloquent les voleurs de ressources naturelles au Pérou, comparé à la froide menace des ouvriers français de faire sauter leur entreprise en faillite s’il n’obtiennent pas quelques ronds pour la suite de la vie, comparé au réalisme d’émeutes dépourvues de revendications et pas seulement celles de la jeunesse pauvre de la métropole, comparé à tous ces managers de crises de l’Empire avec leurs sèches paroles d’encouragement déjà dépassées aujourd’hui tels les porteurs de perruques poudrés de l’ancien régime — on ne peut que déplorer qu’ils soient aussi bien armés.
Pourtant, l’insurrection qui vient est peut-être la moins sanglante de toutes les possibilités envisageables…
Voir en ligne : http://juralibertaire.over-blog.com...
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« TARNAC, BERLIN, PEROUSE : MALFAITEURS DE TOUS LES PAYS, ASSOCIONS-NOUS ! »
Les 16 et 17 juillet, trois camarades allemands ont été convoqués par des juges, à Berlin et Hambourg, dans la cadre de « l’affaire de Tarnac ». A Berlin, après un rassemblement devant l’ambassade de France, ils se sont rendus devant le juge où, conformément à ce qu’ils avaient annoncé, ils n’ont rien déclaré. Les autorités allemandes répondaient par ces auditions aux commissions rogatoires lancées par le juge Fragnoli, basant sa suspicion envers les deux berlinois sur le fait qu’ils avaient déjà été inquiétés il y a dix ans et relaxés, suite à une campagne de sabotage des lignes de train pour protester contre les convois de déchets nucléaires Castor.
A Pérouse, ce sont deux compagnons qui ont été jetés en prison, il y a deux semaines de cela, à la suite d’une vaste opération médiatico-policière qui mérite d’être un peu détaillée. Là où les journaux (Le Nouvel Observateur en France et toute la presse en Italie) se félicitaient que deux dangereux terroristes aient été ainsi arrêtés alors qu’ils étaient sur le point de saboter des caténaires, il apparaît qu’en fait c’est 16 mois plus tôt que les deux compagnons ont été contrôlés par les carabiniers non loin d’une voie ferroviaire et que ceux-ci ne les ont alors pas arrêtés, afin de pouvoir continuer à les surveiller. Les termes dans lesquels ont été annoncées cette quarantaine de perquisitions dans toute la péninsule et l’inculpation de 37 personnes pour « organisation et participation à une association subversive d’inspiration anarcho-insurrectionnaliste visant à commettre des actions criminelles à finalité de terrorisme et de renversement de l’ordre démocratique » ont la même grandiloquence dérisoire que lors de l’opération « Taïga », qui se nomme cette fois « opération Shadow ». Là aussi on se flatte d’avoir « neutralisé une dangereuse cellule anarcho-insurrectionnaliste » puisque l’enquête a établi « le risque concret que les inculpés puissent commettre dans la poursuite de leur projet des délits de la même espèce voire encore plus graves, d’autres actions imprévisibles mais inéluctables ». A défaut de pouvoir reprocher aux deux incarcérés d’avoir effectivement saboté des caténaires, on les accuse d’avoir eu l’intention de le faire. Et même si les autres sont finalement blanchis, la procédure aura au moins eu le mérite de les mettre sous pression. Comme pour Tarnac, il est question de manuels de sabotage, de fanzines véhiculant de noirs projets, d’hypothétiques campagnes de destabilisation coordonnées cette fois avec la Grèce et l’Espagne. On ne sera pas dépaysé d’apprendre que les services italiens ont créé leur propre M.A.F. qui ne désigne plus, là, la Mouvance Anarcho-autonome Francilienne mais la Mouvance Anarcho-insurrectionnelle de Florence. Bien évidemment, cette rafle est survenue à quelques jours de l’ouverture du G8 : l’unité antiterroriste locale – le Regroupement des Opérations Spéciales – a dû juger le moment opportun pour dissuader et désorganiser toute contestation, bien plus que pour réprimer une intention de sabotage vieille de plus d’un an. Mais c’est encore le commissaire européen aux transports Tajani qui a livré la clef de tant d’heureuses similitudes : à peine la rafle lancée, il s’est fendu de comiques « compliments au ROS pour avoir déjoué un attentat qui visait la sécurité du transport ferroviaire » puis d’un programmatique : « L’Europe est aux côtés de l’Italie pour ce qui est de renforcer la sécurité ».
La convocation des camarades allemands, la rafle italienne et le déploiement de l’antiterrorisme en France contre le péril « anarcho-autonome » relèvent d’une seule et même stratégie, impériale, ourdie à l’échelle européenne, une stratégie de neutralisation de la subversion politique.
On complote contre nous internationalement, c’est donc internationalement que nous devons conspirer contre eux.
Es lebt die deutsch-französische Freundschaft !
Hoch die internazionale Solidarität !
Liberi tutti !
Vous pouvez écrire aux deux compagnons italiens incarcérés à l’adresse suivante : Sergio Maria Stefani, Alessandro Settepani ; Via Maiano 10 ; 06049 Spoleto (PG)

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Un manifestant perd un oeil à Montreuil.
Ceux et celles qui se sont rendus dans des manifestations ces derniers mois (manifestations syndicales de janvier et mars, manifestations contre l’Otan à Strasbourg, manifestations étudiantes, ou contre la répression à Nantes et à Paris, et tant d’autres) savent que les forces de maintien de l’ordre ont de plus en plus pour habitude d’utiliser les flashball, en visant systématiquement la tête. La banalisation de l’usage des armes dites non létales (comme le Flashball ou le Taze)r laisse derrière elle son lot de blessés graves. Ce fut le cas à Nantes pendant une manifestation lycéenne en 2007, à Toulouse lors d’une autoréduction, ou à Villiers-le-bel cette année. Dans chacun de ces cas des personnes ont perdu l’usage d’un oeil. Ce fut encore le cas cette semaine à Montreuil, où un manifestant a eu son oeil éclaté par une munition de Flashball.
Nous nous permettons donc de relayer ce communiqué et appel à manifestation :
Chasse à l’opposant : la police vise des manifestants à la tête, tire et blesse très grièvement l’un d’eux à Montreuil En moins d’un an, c’est au moins la cinquième personne qui risque de perdre un oeil à cause d’un flasball de la police.
Mercredi 8 juillet à 6H du matin, la police et le Raid ont procédé à l’expulsion de la Clinique occupée, 42 boulevard de Chanzy à Montreuil, un immeuble vide situé place du marché qui, depuis janvier 2009, avait été investi par de nouveaux habitants et accueillait de nombreuses activités collectives, ouvertes à la population, ciné club, radio de rue, cantine, et permanence pour rompre l’isolement des ayant droit face aux institutions sociales et s’organiser sur les problèmes de logement.
Le soir du 8 juillet, une cantine de rue et un rassemblement contre cette expulsion étaient organisés rue du capitaine Dreyfus. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la Clinique, allumant des feux d’artifice avant de dialoguer avec les 3 vigiles chargés de garder l’immeuble expulsé.
Lors de l’arrivée des forces de l’ordre, celles-ci ont violemment chargé les manifestants en utilisant à de nombreuses reprises des flash ball et en visant les manifestants à la tête. Parmi eux, un participant à la coordination des intermittents et précaires a été atteint à un œil par l’un de ces tirs. Il est actuellement hospitalisé et a été opéré. Le pronostic médical est des plus réservé : il n’aurait que très peu de chances de ne pas perdre cet œil.
Au moins trois personnes sont depuis maintenues en garde à vue.
Nous ne saurions recenser l’ensemble des blessures irréversibles dues à l’utilisation de ces armes dans le maintien de l’ordre. Rappelons toutefois qu’en moins d’un an, au moins trois manifestants ont été grièvement atteints à l’œil : ce fut le cas d’un lycéen Nantais lors d’une manifestation à l’automne dernier et d’un Toulousain qui participait à une autoréduction dans un supermarché ce printemps.
La dotation en flash ball de la police a été appuyée par l’argument que ces armes seraient non létales et que leur usage serait rigoureusement encadré. Les faits démontrent qu’il n’en est rien : assurée de son immunité, la police utilise quotidiennement ces flash ball de façon offensive en ignorant délibérément les principes supposés régler leurs interventions dont celui de « proportionnalité de la riposte » , et sans hésiter à s’en servir de manière à occasionner le maximum de dégâts (tirs à bout portant, tirs à la tête).
Comment la presse, les responsables politiques, les porte parole policiers peuvent-ils encore s’étonner, lorsque le maintien de l’ordre social s’attaque brutalement aux pauvres, aux précaires et aux contestataires de toutes sortes et que ses agents haussent le tir en visant les têtes, que ceux qui sont en butte à ces tirs policiers envisagent, et parfois décident, d’utiliser eux aussi des armes à feu ?
Le débat public s’est récemment fait l’écho de l’énorme multiplication des mises en garde-à-vue comme des procédures pour « outrages, rébellion, violences à l’encontre d’agents dépositaires de la force publique ». Une autre face de l’activité policière est maintenant clairement mise en lumière : pour terroriser les anormaux, les opposants, pour dissuader toute insoumission, on tire à la tête.
Nous ne l’acceptons pas et appelons à s’opposer partout à cette nouvelle surenchère de la violence policière
Rdv dimanche à 15h pour la réunion de la Clinique en exil, marché Croix de Chavaux
Manifestation lundi 13 juillet à 18h, rdv à l’entrée de la rue du capitaine Dreyfus, m° Croix de chavaux. (Un autre appel indique 19h)
Coordination des intermittents et précaires
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